Oui, je dis « en réunionnais », et non pas « en créole ». Même si c’est le terme le plus souvent employé à la Réunion, le « créole » ne définit pas une langue en particulier, mais un ensemble de langues, nées du fait des colonisations européennes (française, anglaise, néerlandaise, espagnole, portugaise…). Le créole est un terme générique pour désigner des langues diverses, qui n’ont souvent rien à voir entre elles. Je préfère donc dire « en réunionnais », ou à la limite « créole réunionnais », mais pourquoi rajouter « créole » devant ? le réunionnais est une langue à part entière !

Lire et écrire en réunionnais

Je vous mets ici un texte écrit par Oze, qui donne quelques bases sur la graphie « KWZ ». Ce texte vient du groupe facebook « Ékri an kréol, écrire en créole ». Je vous conseille ce groupe facebook pour vous perfectionner !


Il existe plusieurs graphies du créole ,dont lékritir77, le tangol , le KWZ etc ..
voici quelques règles pour écrire en kréol sur une base KWZ (qui existe depuis 1983 ) et variantes , car c’est la plus répandue, et la plus réaliste à mon avis … Précisons quand même que ce ne sont pas des « cours de créole » mais juste quelques outils pour aborder l’écriture

L’alphabet

A B D E F G H I K L M N O P R S T U V W Y Z …. donc pas de « c » « j » et « x » c’est la base « KWZ » , cependant de plus en plus de monde rajoute le « sh » pour le son « che » (exemple sarèt , sharèt) ici libre à vous de voir où vous vous sentez le plus à l’aise. Mais gardez en mémoire que les accents ne se retranscrivent pas à l’écrit … « rouz » se li « rouz » ou « rouge » , « sarèt » se li « Sarèt » ou « charette » … comme en français , « du pain » , « du paing » avec l’accent du sud , mais ça s’écrit toujours « pain » .

Chaque lettre se prononce donc , pas de lettre « non prononcé » (E muet) comme dans le français et pas de doublage de « S » « L » « M » etc .. le créole est cependant que partiellement phonétique , on , an , in se prononcent comme en français et donc on doit rajouter un « e » pour « one » « ane » « ine » …

Seul le « N » se double comme dans vendre/vann ou idem pou pendre , apprendre etc…le son « andre » ou « endre » en français.

Exemple : ciment = siman, en français ici le « t » ne se prononce pas ….
cassé = kasé le son « ke » se fait avec le « k » et le son « se » avec le s , donc le « c » ne sert à rien en créole, d’où son absence de l’alphabet.

Le son « an » s’écrit « an » exemple « ensemble », « ansanm », « septembre », « sèptanm » « tan » « tilanp tilanp ».

Toujours se fier à sa prononciation pour trouver l’orthographe d’un mot, le problème de certaine personnes c’est qu’elles écrivent avec des mots français, hors phonétiquement ça ne colle pas …

Exemple: Je vais voir ma bande de pote , m’i sa voir mon bande camarade … ne correspond pas a ce que l’on dit : « m’i sar war mon bann kamarad »

Le recours à l’étymologie comme procédé de retranscription s’attache en effet au lexique, pas à la grammaire du kréol.

exemple : « moins n’ avez sa dans mon l’auto » « mwin navé sa dan mon loto ».
La première marque une négation avec le « n' »… donc cela n’a aucun sens.

L’ utilisation du « W »

Il remplace le son « ou » dans un mot comme par exemple, lois/ lwa moins/mwin, poids/pwa…

L’utilisation du « U »

parcontre on écrira « l’huile » « luil » et non « lwil » se qui donnerais « louile »… donc , « nuit » et pas « nwit »

L’ utilisation du « Y »

Il remplace le « i » dans les liaisons avec d autres voyelles pour le son « ye » exemple bien/byin réunionnais/rényoné , cahier/kayé.

Quand le « i » est marqué il précède le « y ».

« biyé » « kriyé » se prononce « bi-yé » « kri-yé »… billet « biyé », biais « byé ».

Il n y a pas de féminin… ma voiture / mon loto, ma femme/ mon fanm… cependant dans certaine régions de l île, dans le parler on emploie le féminin, donc on peu aussi écrire ma fille / mon fi /ma fiy.

L’utilisation du « H »

Le « h » se fait pour des expressions comme « hin ? », « hé !!! ».

Pourquoi la variante avec le « j » et le « sh »?

Le J : le son « z » dérange certaines personnes qui ne parlent pas le créole comme ça,(faute à la francisation du créole) le son « gue » se faisant avec le « g » le son « je » n’existe donc pas dans le kwz …

Exemple :une image/in zimaz /in zimaj …. jabot/zabo/jabo .. corriger/korizé/korijé

Le SH : le son « she » ne fait pas parti du KWZ donc pour les mêmes raisons que pour le « J » on peut rajouter le « h ».

Exemple : chapeau/sapo/shapo… je cherche/m’i sèrs/m’i shèrsh.

Un mot pour les deux lettres Changer/sanzé/shanjé.

Rappel: Gardez en mémoire que l’accent ne se retranscrit pas à l’écrit.
Manzé se lit : manzé ou manger.
Sanzé se lit : sanzé ou changer.

Pronoms personnels sujets

1ere personne : mwin (je)
2eme personne : twé / ou (tu)
3eme personne : li ,lu /èl (il/elle)
4eme personne : nou (nous)
5eme personne : zot (vous)
6 eme personne : zot / banna (ils ,elles /eux)

Souvent « li » est également employé pour le feminin.

Mwin, ou et twé s’agglutinent avec le marqueur verbale « i » lorsque je sujet est un nom propre , commun ou un groupe nominal.

« Mwin i manz » devient « m’i manz », » twé i manz  » devient « t’i manz » « ou i manz » devient « w’i manz » ou « v’i manz « .

M’i s’utilise dans le présent sauf avec « être et « avoir » soit « lé » et « na »/ »nana »/ »néna » en créole , mais pas dans le passé.

Donc pas : m’i lé … ,m’i na… , m’i té… mais mwin lé… mwin na … , mwin té …

M’i dor, m’i sava dormi, mwin la dormi. Une technique pour s’y retrouver remplacer « m’i » par « mwin i » … isi « mwin i dor » mwin i sava dormi » : correct. Par contre : mwin i la dormi » ne se dit pas .

Autre technique remplacer « mwin » par « zot » : « zot i dor », « zot i sava dormi ». Par contre « zot i la dormi » ne se dit pas.

REMARQUE : TROP de réunionnais font la faute et mettent « m’i » partout , pensant que c’est la même chose que « mwin ».

Pronoms personnels compléments

1ere personne : amwin
2eme personne : atwé / aou
3eme personne : ali /alu /aèl
4eme personne : anou
5eme personne : azot
6 eme personne : azot/ banna

Dans la forme négative le pronom personnel complément retrouve sa forme initiale.

« I gard pa ou  » et non « i gard pa aou ».

Pour traduire le gallicisme  »c’est …que  » « c’est …qui » les pronoms peuvent être des formes accentuées des sujets.

« Ali i manz pa koson », « amwin i fé gri la vyann ».

Le futur simple

La conjugaison se fait avec le verbe « alé » sous la forme de « sava » ou « sar » :

M’i sar dormi, m’i sava dormi. Dans ce cas le futur est proche , mais pour un futur lointain on utilise toujours « alé » mais sous la forme de « va » :

aswar, mwin va dor bonèr … aswar m’a dor bonèr.

Cependant la conjugaison du verbe seul est possible aussi avec les terminaisons « ra » ou « ar » à la forme négative.

M’i manzar pi brèd , m’i manzra pi brèd …